Les Fêtes c’était mieux avant ?

Pour être né et avoir passé mon enfance et mon adolescence rue Bourgneuf, je voudrais vous faire part de mon ressenti quant aux différences notables (à mes yeux) entre les Fêtes des années 60 jusqu’à début 80 et celles de nos jours.

Notez qu’il ne s’agit pas d’une critique gratuite puisque, vous allez le constater, il y a eu de bonnes choses à toutes les époques, même aujourd’hui naturellement.

Bien entendu il ne s’agit que d’un avis personnel, que je voudrais néanmoins  partager avec vous…

Le Nombre de Bandas (Ambiance)

Bandas =Cliques” en ancien bayonnais 😉

Prenons l’exemple de 1961 ou ce n’était pas moins de de 32 bandas pour plus de 600 musiciens, danseurs et danseuses qui animaient les rues durant les Fêtes. Imaginez un peu l’ambiance !

Aujourd’hui l’on ne peut que constater que la majeure partie de ces Bandas a été remplacée progressivement par des « groupes musicaux » d’une part, mais aussi et surtout par les sonos tonitruantes des bars et autres peñas (ces dernières étant beaucoup plus récentes).

Selon moi – et je sais bien que je ne suis pas le seul – cette « évolution » donne une tout autre physionomie à la Fête, en effet le rythme omniprésent des grosses caisses quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans Bayonne, créait une ambiance incomparable, comme quoi rien ne remplacera la musique vivante.

Banda dans les années 60
Banda dans les années 60

La Sécurité

De ce point de vue et tenant compte de l’évolution du nombre de Festayres, il faut tout de même reconnaître qu’il y a un mieux, même si certains pensent le contraire.

Dans les années 70 et début 80, il est arrivé à plusieurs reprises que certains perdent la vie lors des Fêtes, et pas seulement par accident…

Pour exemple lors de l’édition 1978, il est presque 2 heures du matin lorsque Alain F. ripeur chez un grossiste du Quai Galuperie s’en prend à Jean-Claude E. pour un simple vol de melon, il le poursuivra tout le long du quai avant que ce dernier ne s’effondre au pied du pont Marengo, lardé de coups de couteau, il n’y survivra pas.

Je les connaissais tous les deux (Relations des Halles)

Le lendemain, c’est Antonio G. qui tuera par arme à feu un Festayre sur le Quai des Corsaires

Et croyez bien que ce ne sont pas des cas isolés, de fait on peut considérer que de ce point de vue, les temps ont évolué favorablement. 

Sécurité quasi inexistante autrefois
Sécurité quasi inexistante autrefois

La Propreté

Oui, des gros efforts ont été faits afin d’améliorer la salubrité de notre chère ville durant la période de liesse.

Il existait autrefois une pratique peu avouable qui a perduré jusqu’à la disparition progressive des grossistes sur les quais, voir ici l’article dédié.

Il y a très peu de temps encore, les gobelets en plastique jonchaient les rues odorantes, les verres consignés n’existaient pas, et, tous les bars fermaient leurs toilettes, alors comment faire ?

Le résultat tout le monde s’en souvient encore, surtout les résidents (là je parle en qualité d’ancien de la Rue Bourgneuf).

De nos jours, malgré le consensus écologique qui semble émerger, force est de constater que l’on assiste encore à ça en 2019… (Cf. photo ci-dessous). Tout le monde parle de “respect” et “d’écologie” mais les actes trahissent ces bons mots…

Source Sud-Ouest https://www.sudouest.fr/2019/08/01/videos-fetes-de-bayonne-un-blogueur-du-pays-basque-denonce-les-festayres-pollueurs-6403618-4018.php
Source Sud-Ouest

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Les Prix pratiqués

Il s’agit là d’une différence majeure entre les Fêtes d’antan et celles de nos jours.

Si l’on fait le calcul entre les prix pratiqués autrefois par rapport à ce que l’on gagnait à l’époque, on se rend compte qu’une énorme “machine à business” s’est mise en place depuis les années 90, c’est-à-dire au fur et à mesure de l’augmentation de l’affluence des Festayres d’ici et surtout d’ailleurs.

Certains (pas tous heureusement) aujourd’hui pratiquent des prix excessifs pour ne pas dire indécents, au regard de la qualité des produits qu’ils proposent.

Pour se faire comprendre, il est parfois nécessaire de forcer le trait...
Pour se faire comprendre, il est parfois nécessaire de forcer le trait…

L’Incontournable des Fêtes

J’ai eu la chance de connaitre ce temps béni ou les sandwichs des Fêtes avaient la même taille que ceux du reste de l’année à savoir « une demi baguette ».

Cette époque est visiblement révolue, tout aussi révolue que l’omniprésence de notre incontournable sandwich à l’omelette aux piments.

Je trouve très triste de constater qu’aujourd’hui il est beaucoup plus facile de trouver des sandwichs exotiques comme le « Kebab ».

Pour preuve, avec des amis nous avons dû faire quasiment le tour de Bayonne pour trouver un établissement proposant ce délice local !

J’adresse donc un appel aux professionnels, espérons qu’il soit entendu 😉

Un délice traditionnel presque introuvable aux Fêtes !
Un délice traditionnel presque introuvable aux Fêtes !

Les Tenues à travers les temps

Si la tendance était au bleu et blanc, puis au vert et blanc en 1932 et lors des premières éditions, la tendance a ensuite évolué.

Dans les années 60 les tenues étaient assez disparates, même si en 1969, Luis Mariano jette les clefs, vêtu de blanc et rouge, comme à Pampelune, ce n’est que quelques décennies plus tard que cette tenue sera adoptée, et qui l’est encore aujourd’hui.

C’est dans les années 70 que la mode des bleus de travail et t-shirt à rayures fait son apparition, pour compléter ce « kit Festayre », il ne faut surtout pas oublier les sandales de préférences portées en « chocou », et… le Chahakoa. 

Fêtes 1971 rue Poissonnerie
Fêtes 1971 rue Poissonnerie

 

Appellation d’Origine Contrôlée

Mon « coup de bec » concerne une fâcheuse habitude qui a tendance à se répandre, j’ai nommé « La Féria de Bayonne », ce terme utilisé par les vacanciers qui ne font que répéter le terme propagé par certains acteurs de la grande distribution et autres commentateurs de tout poil, démontrant ainsi leur parfaite méconnaissance de Bayonne.

À ce sujet, je vous invite à lire un précédent post

Les Animations

Les courses de ripeurs avec leurs piles de cageots, les courses de garçons de café, les courses nautiques sur la Nive et sur l’Adour, les courses d’ânes, les rassemblements de motos etc. ont désormais disparu des Fêtes, d’autres animations sont arrivées

Course des ripeurs (Fêtes du Petit-Bayonne)
Course des ripeurs (Fêtes du Petit-Bayonne)

L’Affluence

Si les chiffres indiquent une certaine stagnation du nombre de Festayres depuis l’instauration d’un « droit d’entrée », il faut bien reconnaitre qu’en raison d’une certaine médiatisation (parfois très discutable, voire hostile), la fréquentation a explosé au fil des années.

À tel point qu’il n’est pas rare de voir circuler l’évaluation d’un million de Festayres (chiffres cumulés sur les 5 jours).

Il est vrai qu’il y avait beaucoup moins de monde lors des Fêtes d’antan, jugez plutôt…

Rien que dans les années 60, sur le Pont Mayou par exemple, les anciens avaient encore la possibilité de venir avec leur chaise pour assister confortablement aux festivités.

Les familles apportaient même des escabeaux pour y installer les plus petits…

Votre serviteur en famille (sur l’escabeau) lors des Fêtes 1964
Votre serviteur en famille (en haut de l’escabeau) sur le Pont Mayou lors des Fêtes 1964

Les Comportements

Dans les années 70 et début 80, un certain nombre de soi-disant «Festayres » pensant sans doute faire preuve « d’humour », trainaient derrière eux attachés à une ficelle un canard (vivant) certains n’hésitant pas à faire ingurgiter tout type d’alcool au pauvre animal…

C’est dire le niveau intellectuel de ces tristes sires que l’on n’hésitait pas, mes amis et moi, à qualifier de « C.nnards à canards ».

Fort heureusement cette pratique de débile profond s’est tarie avec le temps, du moins je l’espère !

Ancienne pratique de débiles profonds
Victime d’une ancienne pratique de débiles profonds

Aujourd’hui lors des Fêtes, je déplore le comportement de certains (là encore une minorité) cafetiers et restaurateurs qui « oublient » carrément la valeur de leur clientèle aussi locale que fidèle à l’année, et qui ne devient alors à leurs yeux qu’un docile distributeur de billets ne méritant aucun égard.

Dans les années 70, j’en ai connu un ou deux qui avaient adopté ce type de comportement, dès la fin des Fêtes ils y ont laissé des plumes… l’un d’eux a même dû vendre son bar quelques mois après.

Il faut dire qu’à l’époque nous étions bien plus regardant sur ce point, car très attachés à une certaine notion de fidélité mutuelle. Ceux qui jouaient contre perdaient à tous les coups !

Eh oui… pour ceux-là la notion de respect du client fidèle se perd, de fait ce dernier perd aussi peu à peu la notion de fidélité, rien d’anormal.

En revanche, je tiens à remercier la majorité de professionnels qui, je le sais, se donnent beaucoup de mal pour que la fête soit belle !

Sur les Fêtes payantes

Oui, je l’ai gardé pour la fin, même si je suis persuadé que la municipalité a pesé le pour et le contre avant de prendre une telle décision, j’avoue que résidant aujourd’hui à Anglet, j’ai un peu de mal à « passer à la caisse » pour avoir le droit d’entrer dans « ma » ville, ce n’est pas du tout une question financière, juste par principe.

J’espère juste que ces fonds sont et seront judicieusement utilisés.

J’imagine par ailleurs, un futur ou les plus jeunes auront du mal à croire que les Fêtes de Bayonne furent un jour gratuites…

Bracelet Fêtes de Bayonne
Bracelet Fêtes de Bayonne

En synthèse

Quelle que soit l’époque les Fêtes nous ont fait connaître de bien belles choses, des moments inoubliables, une ferveur intense et plein d’histoires et d’anecdotes à se raconter. D’autres pratiques moins glorieuses ont aussi existé, chacun aura sa vision des choses, ce qui est sûr en revanche, c’est que la fierté d’être Bayonnais est et sera toujours là !

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L’affiche des Fêtes à travers les âges

Nous vivons actuellement la 82ème édition des Fêtes qui auraient dû être la 87ème (Article précédent) mais les évènements en ont décidé ainsi.

À cette occasion, il m’a semblé judicieux de faire découvrir à celles et ceux qui ne connaissent pas, les différentes affiches des Fêtes à travers les âges.

Il en manque quelques-unes, mais il y a la première celle du 13 au 17 juillet 1932, jusqu’à celle de 1989.

Avec en petit bonus l’affiche des Fêtes du Petit Bayonne 2000.

Parfois des doublons

Comme vous allez le constater jusqu’aux années 80, il était fréquent qu’une même affiche soit utilisée pour deux années consécutives.

Dans ce cas, les couleurs étaient généralement différentes.

Mais il est aussi arrivé comme en 1958 et 1959 par exemple, que l’affiche soit strictement identique.

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Fêtes de Bayonne OUI ! Féria NON !

Dans quelques jours, la 87ème édition des Fêtes va débuter, qui sera en réalité la 82ème en raison de leur suspension entre 1940 et 1944 pour des raisons connues de tous.

Cette petite précision faite, il me semble bon de rappeler que jusqu’aux années 80, et même un peu après de façon plus sporadique, d’autres fêtes étaient également très prisées, il s’agissait des « Fêtes du Petit Bayonne », ces dernières ne concurrençaient pas directement leur « sœur ainée », mais constituaient plutôt un « bonus » vraiment très apprécié des autochtones dont je faisais partie.

Elles se déroulaient courant du mois d’août.

Quelques vidéos

Histoire de raviver leur souvenir dans l’esprit des plus anciens, et de les faire découvrir aux plus jeunes, vous pouvez visionner sur ce site quelques vidéos (Super8 numérisées) d’animations organisées à cette occasion.

Comme par exemple :

Coup de bec !

Je voudrais maintenant profiter de cette publication, pour m’insurger contre une pratique qui a une fâcheuse tendance à se développer de façon plus ou moins insidieuse…

Natif du Petit Bayonne et ayant quasiment toujours vécu ici, je suis très étonné par le terme « Férias de Bayonne » qui semble de plus en plus utilisé pour désigner nos « FÊTES DE BAYONNE ».

En ce qui me concerne, la seule « Féria » que j’ai connue à Bayonne, était en réalité le cinéma qui se trouvait en bas des Allées Paulmy, et que beaucoup d’entre nous fréquentaient assidument !

La Féria et l’Avenue de Biarritz (Allées Paulmy d’aujourd’hui)

Et les touristes dans tout ça ?

Les années passant, nous écoutions amusés, les « touristes » parler de « Féria », sans doute en référence à celles de Nîmes ou d’Arles, il va de soi que nous les reprenions sans délai, de façon à ce qu’ils ne commettent davantage ce crime de lèse-majesté (pauvre Léon)

Il me semble bon de rappeler qu’ici, nous sommes à Bayonne, et que les festivités se sont toujours appelées « FÊTES DE BAYONNE », indiscutable AOC qui devrait presque figurer au patrimoine mondial de l’Unesco… bon ok, j’exagère un peu, mais tout de même… !

En synthèse

Merci donc aux acteurs de la grande distribution et autres commentateurs de tout poil de parler en bon bayonnais !

Si vous pensez que j’exagère, tapez “Féria de Bayonne” dans Google et jugez par vous-même…

En revanche si vous rejoignez mon point de vue, n’hésitez pas à partager, c’est le moment ou jamais 😉

BONNES FÊTES A TOUTES ET TOUS !

Halles de Bayonne les précurseurs des concept-stores et des food trucks ?

Nous n’avons rien inventé !

L’on nous parle aujourd’hui de la tendance du « Mono produit », de “Concept stores”, de ‘Food-trucks” comme s’il s’agissait de nouveautés absolues.

Disons plutôt que ce qui est nouveau, c’est la gestion et l’organisation de ces concept stores et/ou réseaux…

En effet, je me souviens très bien qu’aux Halles de Bayonne fin des années 60 et durant les années 70 existaient déjà des étals dits aujourd’hui « mono produit », “Concept store” ou encore ‘Food-truck” .

Les Cœurs de Georgette

Le premier exemple qui me vient à l’esprit concerne un « concept » inventé par une dénommée Georgette Forges, grand-mère d’un camarade de classe avec qui je suis d’ailleurs toujours (et pas assez) en contact.

Georgette Forges donc, qui disposait d’un étal relativement réduit au rez-de chaussée des Halles, avait créé le concept des « cœurs d’artichauts prêts à l’emploi », ainsi entre deux clients, elle passait son temps à découper des artichauts pour en extraire le cœur, ceci à l’aide d’un petit couteau qu’elle maniait avec autant de délicatesse que de dextérité.

Georgette s’était constituée une belle clientèle d’habitués, et son petit commerce a perduré durant de nombreuses années.

Les "Cœurs" de Georgette
Les “Cœurs” de Georgette

Les rois de la betterave

Dans le même registre Jeanne et Louis Servon (mes grands oncle et tante) s’étaient spécialisés après-guerre, dans la vente de betteraves précuites et prêtes à l’emploi, ils les commercialisaient sur un étal qui semblerait aujourd’hui totalement démesuré pour des betteraves.

Ils maitrisaient alors quasiment toute la chaine de production, en effet ils avaient équipé une partie de leur maison de Beyris (Malouja) en laboratoire de cuisson et préparation des betteraves qui leurs étaient livrées en gros.

Ils ont eux aussi exercé cette activité durant de très nombreuses années.

Jeanne et Louis Servon
Jeanne et Louis Servon

Un délice hivernal !

Un autre exemple qui me vient à l’esprit est Mme Lopez, qui était me semble-t-il d’origine espagnole, et qui vendait des marrons grillés sur le pont Marengo, elle officiait tout l’hiver dans une mini locomotive verte, comme quoi, même les « Food-trucks » d’aujourd’hui existaient déjà aux Halles de Bayonne il y a plus de 40 ans !

Marrons grillés sur le Pont Marengo
Marrons grillés sur le Pont Marengo

A vos couteaux Messieurs dames

Devant l’entrée des Halles se trouvait un rémouleur qui, comme sa fonction l’indique, proposait ses services pour affuter les ustensiles tranchants et coupants des ménagères locales.

Il disposait pour cela d’une machine à pédale, que gamin j’ai toujours observé avec une certaine curiosité.

Lorsqu’une cliente faisait appel à ses services, il appuyait fortement du pied sur la pédale qui actionnait un tour sur lequel il faisait aller et venir couteaux et ciseaux.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, l’opération était bouclée.

Le bruit strident et les étincelles qui en résultaient me faisaient généralement quitter les lieux à la hâte…

Rémouleur

Son talent contribuait à l’ambiance des Halles

La petite place devant l’entrée principale du rez de chaussée des Halles baignait dans une ambiance de guinguette, ceci grâce à cet accordéoniste non voyant, qui se plaçait sur une chaise sous l’arceau juste devant la boulangerie Mauriac. Son fils le guidait tous les matins pour venir l’y installer, et venait le chercher en fin de marché.

En conclusion…

Quoi qu’il en soit, Georgette Forges, Jeanne et Louis Servon, Mme Lopez, le rémouleur et l’accordéoniste, ont tous contribué durant des décennies à la véritable Âme des Halles de notre chère cité, merci à eux !

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Adrien “La Main Froide” Bayonnais au destin hors du commun

Adrien Estebeteguy – Alias « Adrien la main froide » – Alias « Le Basque »

Si de nombreux Bayonnais ont brillé par leurs faits d’armes, leur esprit d’entreprise ou leur inventivité, il en est un qui s’est fait connaître pour de toutes autres raisons…

Adrien Estebeteguy issu d’une vieille famille bayonnaise, était l’archétype du malfrat de haut vol en cette première moitié du 20ème siècle.

Adrien aux surnoms bien portés, en effet son patronyme pouvait difficilement lui épargner « Le Basque », tout comme « La Main froide » était particulièrement adapté à ses méthodes expéditives visant à décourager toute concurrence…

Adrien Estebeteguy – Alias « Adrien la main froide » – Alias « Le Basque »

Il faut bien dire que tel “Rocco”, Adrien et ses frères ont toujours très peu goûté le travail manuel, estimant sans doute à juste titre, que leurs talents méritaient des activités professionnelles bien plus rémunératrices.

Mais revenons à Adrien, il fut tour à tour truand, détenu, kidnappeur, puis collabo pour finir… victime !

Force est de constater qu’il aurait pu se vanter d’avoir rencontré dans sa vie deux (sinistres) célébrités, le premier « Henri Lafont » qui l’aura utilisé pour son entreprise criminelle, le second « Marcel Petiot » qui l’aura utilisé pour… alimenter sa chaudière !

Mais… qui était Lafont ?

C’est en 1940 qu’Henri Lafont collaborateur de haut vol, très apprécié par la Gestapo se rend à la prison de Fresnes pour y faire libérer 27 détenus qui constitueront son équipe, bien entendu “Adrien la Main froide” fait partie des “lauréats”.

C’est notamment à partir de ce noyau dur, que Lafont constituera la fameuse « Carlingue » de la rue Lauriston à Paris.

Henri Louis Chamberlin alias “Henri Lafont”

Cette organisation criminelle en relation directe avec la Gestapo avait pour « objet social » :

  • La gestion de bureau de rachat de devises, d’or, de meubles à des prix bradés pour le compte de la Wehrmacht.
  • Le pillage en règle des biens de Juifs qu’ils avaient identifiés, et qu’ils menaçaient de dénonciation (pour mieux les dénoncer ensuite).
  • Enlèvements en tous genres.
  • Tentatives d’infiltration des réseaux de résistants afin de communiquer le plus d’informations possibles à la Gestapo, qui en retour leur octroyait des pouvoirs au-delà de leurs attentes.

En synthèse : dépouiller le plus de gens possible !

Vous l’aurez compris, notre Adrien la main froide dont le cursus lui confère alors une expertise recherchée, excelle sur l’ensemble de ces « prestations ».

Un jour, sans doute soucieux du travail bien fait, il accompagne Lafont à  Bordeaux pour tenter de retrouver l’un des chefs de la résistance, le Belge Lambrecht recherché par l’Abwehr.

Après quelques nuits de beuveries dans les bars de la ville, un policier lui indique que Lambrecht est à Toulouse et lui donne son adresse.

Les deux compères se rendent alors à Toulouse où ils arrêtent Lambrecht, et le ramènent pieds et poings liés à Paris au siège de la Gestapo, dans le coffre de leur voiture.

Le résultat aboutit à l’arrestation d’un réseau de 600 personnes !

Encore un « fait d’armes » à porter notamment au crédit d’Adrien le Basque…

Et le Docteur Petiot dans tout ça ?

C’est alors que les choses commencent à mal tourner pour Adrien, qu’il va rencontrer un peu par hasard, la seconde célébrité de sa triste existence, j’ai nommé le Docteur Petiot.

Marcel André Henri Félix Petiot, dit le docteur Petiot

Adrien a en effet entendu dire qu’un médecin parisien disposait de contacts, pour évacuer discrètement ceux qui le souhaitaient vers l’Argentine.

Au vu du contexte, il s’empresse de rendre visite à ce dernier dans son hôtel particulier du 21 rue Le Sueur à Paris.

C’est comme convenu entre les deux hommes, qu’Adrien revint quelques jours plus tard chez Petiot avec une valise contenant devises, or, bijoux, faux papiers, bref le kit complet du truand en partance, censé lui permettre de s’installer confortablement outre Atlantique.

Les 72 valises retrouvées chez Marcel Petiot

Le piège se referme

Mais ce soir-là, la suite ne se déroule pas tout à fait comme il l’envisageait, le docteur Petiot sous prétexte de lui injecter un vaccin, lui injecte en réalité une dose mortelle de poison.

Il demande alors à Adrien de patienter dans une pièce triangulaire, insonorisée et sans fenêtre. L’un des murs est équipé d’un judas, permettant à Petiot de s’assurer que son « vaccin » a fait son effet, qu’il peut retirer le corps et surtout récupérer le contenu de la valise qui désormais lui appartient.

La « thérapie » du Docteur Petiot l’aura finalement enrichi des biens cumulés des 27 victimes qui ont toutes fini dans… sa chaudière !

Notre Adrien a donc bien profité de la chaleur, mais pas de celle du soleil Argentin !

Petiot pour sa part achèvera son voyage dans la cour de la prison de la Santé le 25 mai 1946 à 5h07, ou il est guillotiné.

À l’inverse de Landru qui était plutôt partisan de « La femme au foyer* », Petiot lui ne faisait pas de distinction, qu’ils soient hommes ou femmes tous finissaient dans sa chaudière.

*Pardon mais je n’ai pu m’en empêcher.

Quant à Henri Lafont, le 26 décembre 1944 au moment d’être fusillé au fort de Montrouge, il déclare à son avocate « Je ne regrette rien, Madame, quatre années au milieu des orchidées, des dahlias et des Bentley, ça se paie ! J’ai vécu dix fois plus vite, voilà tout. Dites à mon fils qu’il ne faut jamais fréquenter les caves. Qu’il soit un homme… comme son père ! »

Ainsi s’achève l’histoire de l’une des plus grandes figures du banditisme que Bayonne ait vu naître…

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager, c’est l’objectif des Bayonnades ! Je vous en remercie par avance.

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Des Jacobins de 1265 aux élèves de 2019

Il y a quelques semaines, un email arrive dans ma boîte, il s’agit d’une invitation que m’adresse Jean-Pierre Condon pour participer à la première visite guidée du Lycée Paul Bert conçue et réalisée par certains élèves.

Le jour venu, mon épouse et moi sommes aimablement accueillis par Jean-Pierre Condon et Madame Leclerc.

La visite guidée

Tout le monde est là, nous pouvons donc débuter la visite, guidés que nous sommes par nos « experts ès Lycée Paul Bert », j’ai nommé les élèves/guides :

Marie, Sharleen, Haize, Elorri, Anaïs, Joé et Tybau

Il ne m’aura fallu que quelques minutes pour réaliser que cet établissement situé à moins de 100m de mon lieu de naissance m’est totalement étranger, au point que je n’ai même jamais eu l’occasion d’y mettre les pieds…

L’une de nos élèves/guides en pleine explication

On sent bien que nos hôtes du jour sont enthousiasmés par le fait de nous apprendre des tas de choses, même s’ils ont parfois le discours un peu hésitant, ceci est vite oublié tant ce qu’ils nous racontent est passionnant !

Je tiens d’ailleurs à souligner l’importance du travail de recherche et de préparation qu’ils ont réalisé.

Mais qu’a-t-on appris au juste ?

C’est en 1215 que les Jacobins s’installent au Bourg Neuf (Place du Réduit), 50 ans plus tard, soit en 1265, ils se déplacent plus en amont à l’emplacement actuel du Lycée des métiers Paul Bert.

Pour l’anecdote, on retrouve un mur de l’édifice religieux dans l’actuelle salle de sport du lycée.

Mur du Couvent des Jacobins

Le couvent des Jacobins a été rebâtit entièrement à neuf en 1545, il faut dire qu’il est alors devenu le plus riche de Bayonne et de loin…

L’hôpital militaire

C’est en 1832 pour répondre aux besoins sanitaires des garnisons présentes à Bayonne qu’il est décidé de construire un hôpital militaire de 800 lits.

Les vestiges du couvent des Jacobins et des Capucins sont détruits en 1833/1834 et l’hôpital militaire est inauguré en 1842 par le Maréchal Harispe(1) et Monseigneur Lacroix(2).

De nombreux blessés de la Grande Guerre seront ainsi soignés à Bayonne.

Un peu plus tard, l’Hôpital militaire devient un établissement scolaire durant les mandatures de trois maires :

  • Joseph Garat élu en 1925 et réélu en 1929
  • Jules Lafourcade élu en 1934
  • Et Pierre Simonet élu en 1935

En 1937 de nombreux réfugiés espagnols fuyant la guerre d’Espagne sont hébergés dans les locaux de l’établissement scolaire.

De 1942 à 1944 pendant la 2ème guerre mondiale, l’établissement sert de mess aux sous-officiers et de dortoir aux troupes de la Wehrmacht.

Inscription “Waffen” toujours visible

C’est en 1945 que l’établissement prend le nom de Lycée Technique Municipal, avant de devenir le Lycée Professionnel Paul Bert en 1985.

Enfin en 2009, il obtient le label « Lycée des Métiers ».

Conclusion

Il ne vous aura pas échappé que je me suis contenté de vous faire un résumé de notre visite, j’espère toutefois que celui-ci vous aura appris certaines choses.

Encore merci à Jean-Pierre Condon, à Mme Leclerc ainsi qu’à Marie, Sharleen, Haize, Elorri, Anaïs, Joé et Tybau, qui nous ont permis de découvrir l’un des trésors historiques de notre chère cité.

Il est à croire que le moindre recoin de notre Bayonne recèle de véritables trésors trop souvent insoupçonnés.

L’Histoire de notre ville est parfois glorieuse, parfois curieuse mais souvent surprenante.

(1) Jean Isidore Harispe, Maréchal de France, né le 7 décembre 1768 à Saint-Étienne-de-Baïgorry.

Député des Basses-Pyrénées, il fut élevé à la dignité de Maréchal de France le 11 décembre 1851 par le président Louis-Napoléon Bonaparte.

Sénateur sous le Second Empire, il mourut le 26 mai 1855 à l’âge de 86 ans à Lacarre.

(2) François Lacroix né le 16 novembre 1793 à Entraygues (Aveyron) et mort à Bayonne le 12 octobre 1882

Supérieur du séminaire de Rodez en 1833, il est sacré évêque de Bayonne en 1837, il abandonne cette fonction en 1878.

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Origine de 7 Rues du Petit Bayonne

D’où viennent les noms des rues “Pontrique”, « Saubiole », « Tonneliers », “Coursic”, “Charcutière”, “Trinquet” ou encore « Visitandines ? »

Vous trouverez ici un bref descriptif de leur origine…

COURSIC (Rue de)

Corsaire Johannis de Suhigaraychipy, dit «Croisic» ou «Coursic»

Les corsaires ramènent au port 40 navires adverses en 1690, 90 en 1691, 52 en 1692…

Le plus célèbre d’entre-eux est alors Johannis de Suhigaraychipy, dit «Croisic» ou «Coursic» et dont la maison natale serait celle des arceaux qui avancent sur la rue Pontrique.

Rue de Coursic

SAUBIOLE (Rue)

De Sauviola ou de Sauvin. Dérivé de Salvius ou Selva (la forêt) ?

Au 16ème siècle corporation des potiers d’étain. 1715 atelier de fonte de graisse de baleine

Ancien nom : rue de la Flamande (marchand de blé)

Rue Saubiole

TONNELIERS (Rue des)

Fabriquant de tonneaux

Les tonneliers, qui étaient au départ à la rue Doer ou Douer (qui signifie tonneau) ont gagné la rive droite de la Nive et la rue des Tonneliers au 15ème siècle.

Rue des Tonneliers

TRINQUET (Rue du)

16ème siècle

Le Trinquet actuel existait déjà au 16ème siècle sous forme de jeu de paume. La porte chanfreinée et une fenêtre qui subsistent, appartiennent à la construction d’origine.

Ancien nom : rue Maubec – rue du Jeu de Paume

Rue du Trinque

VISITANDINES (Rue des)

Du Couvent des Visitations.

En 1830, la rue de la Visitation amorce percée destinée à relier la rue Bourgneuf à la rue Pannecau.

Depuis 1700 jusqu’au 19ème siècle caserne de gendarmerie – Les bains des visitations sur l’ancien cloître.

Rue des Visitandines

PONTRIQUE (Rue)

Les Pontics

Passerelles en bois pour enjamber les berges de la Nive et des canaux.             

En 1623, on re-pave la rue Pontrique.

Ancien nom : rue du Peuple

Rue Pontrique

CHARCUTIÈRE (Rue)

On y vendait du lard gras

Ancien nom : rue de Barad (signifiant fossé)

Rue Charcutière

Nous connaissons tous plus ou moins les noms des rues de notre chère cité.

Mais de là à connaitre leur origine c’est une autre histoire…

C’est un travail de recherche que j’envisageais de faire depuis des lustres, sans vraiment trouver le temps de m’y atteler.

Et c’est là que Claude Jammaerts ancien trésorier de l’Amical du Petit-Bayonne et fervent amateur des « Bayonnades » m’a contacté.

Lors de notre rencontre autour d’un café, il m’a confié avoir travaillé sur l’origine du nom des rues du Petit Bayonne, et exprimé un souhait que nous avons en commun, celui partager avec le plus grand nombre le fruit de ses recherches.

Voici donc une nouvelle rubrique qui vous dévoilera régulièrement l’origine des noms de rues et places de Bayonne.

Si vous aussi avez des informations se rapportant à ce sujet, n’hésitez pas à me les envoyer ! Je vous en remercie par avance.

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