Bayonne un pugilat bimensuel !

Un pugilat bimensuel !

Dans les années de mon enfance (et de mon adolescence), et plus précisément rue Bourgneuf ou j’ai grandi, un phénomène survenait de façon récurrente tous les 15 jours, laissez-moi vous raconter ça…

En fait l’objet du tourment était un panneau de signalisation, qui était à la paix sociale Bayonnaise ce que le zèbre est aux arts équestres !

Il était à l’origine non seulement de la phrase la plus prononcée qui était : « M….., je dois bouger la bagnole ! », mais aussi d’une zizanie sans nom, le voici…

Les prémices de la soirée…

M. Etcheverry un voisin rompu à l’exercice, avait pour habitude de se poster à sa fenêtre vers 20h tous les quinze jours, non sans arborer un sourire de délectation, rien qu’à la perspective des animations quasi garanties de la soirée à venir…

Mais pourquoi donc ?

Tout simplement parce que ce fameux panneau obligeait les automobilistes stationnés d’un côté de la rue à se garer de l’autre côté tous les quinze jours.

Mais il y avait un hic, et pas n’importe lequel, la date était clairement identifiée, mais… pas l’heure…

Si l’on s’en tenait stricto sensu à la législation en vigueur, il fallait descendre à minuit pour changer sa voiture de côté, ce qui vous l’imaginez, était peu envisageable, et surtout pas du tout envisagé par les riverains…

Et alors ?

Débutait alors une sorte d’anarchie, chacun y allant de son horaire, les anxieux souhaitant ne pas être « en retard » changeaient de côté vers 19h, voire encore plus tôt, si… si… ça s’est vu.

D’autres moins traumatisés par les obligations légales le faisaient quand ils y pensaient, à 23h voire plus tard, enfin les plus récalcitrants ne bougeaient leur voiture que pour partir travailler… le lendemain !

Résultat ?

Comme vous l’imaginez, plus la soirée avançait, plus la rue prenait des faux airs de parcours d’obstacles, les automobilistes devant zigzaguer entre les voitures garées.

Mais… parce qu’il y a un « mais », certains plus malins que les autres souhaitant se garer sans s’embarrasser, n’hésitaient pas à se garer du « bon côté » alors même qu’une voiture était encore garée du « mauvais », c’est à dire côte à côte !

Pratique qui, vous l’imaginez, créait immédiatement un blocage total de la circulation !

Conséquences…

Et c’est en fait là que cela devenait « intéressant » si j’ose dire, car nous pouvions dès lors profiter d’une palette très variée de réactions, allant du timide coup de klaxon, au signal plus affirmé et répétitif, jusqu’au virtuose maitrisant son outil et capable d’interpréter une toccata aussi fougueuse que féroce !

Sûrs de leur bon droit, ces derniers s’en donnaient à cœur joie, et bien entendu, qu’il soit 21h ou… 2 heures du matin, l’important pour eux étant de passer, et ce quoi qu’il en coute… !

Inutile de préciser que les riverains (dont je faisais partie) goutaient très moyennement ces pratiques cavalières, il était d’ailleurs très fréquent qu’une insulte aussi colorée qu’affirmée fuse depuis une fenêtre.

Ce qui attisait d’autant la morgue pour ne pas dire l’audace des « pilotes » qui dès lors, passaient systématiquement un cran au-dessus !

Jusqu’au pugilat !

Du coup, il n’était pas rare que l’un des riverains descende directement en découdre avec les plus insistants, s’ensuivait alors une pluie d’insultes pouvant aller jusqu’au pugilat !

Ce qui bien entendu ne résolvait en rien le problème.

Certains des habitants de la rue (que je ne nommerais pas), rompus à l’exercice affichaient d’ailleurs un palmarès du calibre d’une gloire de boxe anglaise.

Ce qui somme toute n’était pas anormal, entrainés qu’ils étaient… tous les 15 jours !

Une variante consistait à demander main forte à quelques costauds friands des chapelles (bars) de la rue, pour riper à la main telle ou telle voiture sur le côté voire sur le trottoir, là encore, ceci avait pour conséquence d’énerver passablement le voisin qui de sa fenêtre découvrait le spectacle, surtout lorsqu’il s’agissait de… sa voiture !

En conclusion

Comme vous pouvez le constater; à l’époque les litiges du quotidien étaient traités « en local » et en direct, personne n’appelait la police ou contactait la Mairie, 2 fois par mois tout se réglait avec autant de célérité que d’efficacité.

Vous qui le découvrez, ou qui vous en souvenez en lisant cet article, croyez bien que l’ambiance à Bayonne n’était pas réservée à la période des Fêtes, oh que non, loin de là !

Mais cela aussi faisait partie des charmes éternels de notre chère cité…

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Auteur/autrice : André Combe

Né au Petit Bayonne il y a (trop) longtemps, les Halles ont représenté l'univers de mon enfance, puis mon périmètre s'est agrandi à la ville entière et à son Histoire. Mon objectif : Que ceux qui ont connu cette époque sachent que d’autres ne l’ont pas oubliée, et pour que les plus jeunes sachent comment l'ont connue ceux qui l'ont vécue ;-)

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