Chez nous ? On s’en sert d’appât !

Les soirs de marée montante en été, Roland un ami et moi-même allions régulièrement pêcher sur le pont St Esprit.

Équipés chacun de deux cannes nous faisions parfois un véritable carton, parfois nous rentrions carrément bredouilles, mais nous passions toujours un bon moment.

Mais un soir ce fut un peu « spécial », laissez-moi vous raconter ça…

Il est environ 23h, il n’y a presque plus de circulation sur le pont, les réverbères nous éclairent suffisamment pour poursuivre notre partie de pêche, qui est pour l’instant des plus fructueuses.

En effet pas moins d’une quinzaine de pigates (truites de mer) et de louviates (petits bars) d’environ 600 à 800 grammes chacun, emplissent notre besace.

Quelques louviates
Quelques louviates

Cela fait environ deux heures que nous sommes là, et avons déjà dû répondre au moins une cinquantaine de fois aux passants posant l’inévitable question dans toutes ses variantes « Alors…ça mord ?», « Ça pique ? », « Ça donne ?», « Y’en a ? », « Ca picore ? » ou encore le surprenant « Ca suce ? »…

Alors ça pique ?

Inutile de préciser qu’à force cela devient, comment dire… irritant, voilà c’est le mot !

Notre pêche étant « faite » et nous très satisfaits, l’heure est désormais à la détente, il ne nous manque plus que le bon « client » pour nous payer une bonne tranche de rigolade.

Un bon client

Il est 23h lorsqu’un passant d’un ” style nouveau” approche d’une démarche chaloupée, il nous dépasse non sans jeter un coup d’œil furtif sur la besace fermée, puis revient sur ses pas et s’adresse à nous…

« Bonsoir messieurs, vous êtes d’ici ? »

« Oui bien sûr, pas vous ? »

« Oh non, je viens de Savoie »

« En vacances ? »

« Non, travail, je suis représentant itinérant en pièce détachées automobiles, je suis sur le secteur pour 2 ou 3 jours »

« Ah OK… »

Dès cet instant nous comprenons que notre « bon client » est en face de nous !

Et ce qui devait arriver, arriva… « Alors ça mord ? »

« Oh si peu… c’est très calme en ce moment… »

« Je peux regarder ? »

« Oui bien sûr »

« Waouh !!! Mais c’est magnifique ! J’y crois pas ! Et vous avez attrapé tout ça ce soir ? »

« N’exagérons rien, il n’y a pas grand-chose, et ça fait tout de même déjà 2 heures qu’on est là »

« 2 heures ? C’est vraiment pas grand-chose ! Écoutez les gars, je suis moi-même pêcheur dans ma région, en fait j’adore ça et il m’arrive souvent d’y passer toute la journée, et parfois pour rien ! Alors que là…»

« Oh vous savez, cela doit être la première fois que l’on passe autant de temps pour si peu… , c’est très calme en ce moment, sans doute la lune… »

« Quoi ??? Mais vous en vivez ou quoi ? »

« Pas du tout, la pêche c’est juste un passe-temps pour nous »

« Je n’en reviens pas ! Et après… vous les vendez ? »

« Vendre quoi ? »

« Ben… tous ces poissons ! »

« Ah non, après on va pêcher sérieusement depuis la plage, et ceux-là chez nous on s’en sert d’appât »

Vraiment un bon client

Notre représentant semble frôler l’infarctus, puis nous regarde les yeux écarquillés…

« Vous vous en servez d’appât ??? »

« Oui bien sûr, mais pas entiers on les coupe en deux, on les économise… »

« C’est pas vrai !!! Mais vous attrapez quoi avec ??? »

« Houlà… plus gros… bien plus gros… mais on peut pas dire…»

En entendant ça le pauvre garçon manque encore de s’étouffer, avant de rester comme figé, pensif…

Il faut préciser que notre pêche presque miraculeuse du soir nous confère une certaine crédibilité que nous avons décidé d’exploiter à fond.

Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’il revient à la charge.

« Perso ma plus grosse prise c’est un brochet de plus d’un mètre, c’est énorme tout de même non les gars ? »

« Ouais…pas mal… »

« Pas mal… plus d’un mètre… vous trouvez ça… pas mal ??? »

« La seule différence pour nous c’est que, comme appât, au lieu de le couper en 2 on l’aurait coupé en 4 ! »

Représentant ahuri
Notre “client” ahuri par ce qu’il entend !

Là, un peu plus et on appelait le SAMU, et j’exagère à peine, notre représentant était presque en état de choc répétant « Comme appât… en 4… ils l’auraient coupé en 4… »

J’avoue que pendant toute la durée de ce véritable sketch, le plus difficile a été de garder notre sérieux.

Allez, on se voit demain !

Lorsqu’il finit par reprendre quelque peu ses esprits, il nous demanda…

« Et vous êtes là demain soir ? »

« Non, demain on va pêcher la sole »

“Des soles ? Parce que vous vous en servez d’appât aussi ?”

“Non pas du tout, pourquoi vous dites ça ?”

« Et je peux vous rejoindre les gars ? »

« Oui bien sûr… »

On lui donna rendez-vous vers le soufre le lendemain à 22h, et là…

Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterais bientôt… 😉

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Des cèpes à Bayonne ? Oh que oui !

Elle s’appelait Yvonne Lacaze, elle a consacré sa vie à sa famille et l’a passée aux Halles de Bayonne ou elle a commencé à travailler en 1922 à l’âge de 11 ans, elle y vendait des fruits et des légumes, mais aussi des cèpes lorsque la saison arrivait.

Jusqu’à l’âge de 70 ans, elle s’est levée entre 2h30 et 3h30 du matin, selon l’importance du marché du jour.

1971 : Yvonne Lacaze et sa sœur Marguerite Laricq (elle aussi commerçante aux halles)
1971 : Yvonne Lacaze et sa sœur Marguerite Laricq (elle aussi commerçante aux halles)

Très tôt le matin donc, été comme hiver, c’est couverte de sa pèlerine qu’elle arpentait les quais de son petit pas pressé, passant d’un grossiste à l’autre pour négocier tel ou tel lot de fruits et légumes, qu’elle et sa fille Francette s’empressaient de mettre en valeur sur leur étal sous les Halles.

En septembre, tous les matins elle avait pour habitude de scruter le journal Sud-Ouest, et ce qui l’intéressait tout particulièrement c’était l’apparition du mot « cèpes » dans la rubrique « les marchés de la région».

Dès lors que le mot magique apparaissait, Yvonne et sa fille Francette mettaient rapidement en place une véritable organisation, et le mot n’est pas exagéré.

Ayant leur stand aux Halles tous les matins, il ne restait donc que la nuit pour se rendre notamment à Bordeaux afin d’y acquérir de grosses quantités de cèpes, ces derniers étant revendus aux particuliers et aux restaurateurs dès leur retour à Bayonne.

C’est avec leur break « Simca Châtelaine »  que toutes deux accompagnées d’un mystérieux petit passager installé dans un couffin, quittaient Bayonne dès 10h du soir pour se rendre de nuit en voiture au marché des Capucins ou celui de Brienne, ou elles connaissaient tous les grossistes depuis de nombreuses années.

Simca Châtelaine
Simca Châtelaine

Une fois sélectionné, négocié âprement et chargé les plateaux de cèpes, elles rentraient au volant de leur Simca pleine à craquer du précieux chargement aux fragrances forestières. Avec toujours leur mystérieux petit passager dont le couffin était parfaitement calé entre les marchandises.

Je me souviens qu’avant de prendre la route, Yvonne avait pour habitude de se signer, redoutant par dessus tout qu’une catastrophe survienne en chemin.

L’autoroute n’existant pas à l’époque, c’est après environ 6h de route aller/retour sur la nationale 10 et une nuit blanche, qu’elles commençaient à installer les magnifiques bolets sur toute la longueur de leur étal.

Cette opération ne pouvait s’effectuer qu’une fois le contrôle effectué par le vétérinaire déplacé aux Halles pour l’occasion. Et pour l’avoir vu, ce dernier était capable de valider 100kgs de cèpes en quelques secondes…

Légende inutile n'est-ce pas ?
Légende inutile n’est-ce pas ?

Les restaurateurs arrivaient en premier, s’empressant d’acquérir le fameux sésame qui leur assurerait à coup sûr la satisfaction, pour ne pas dire la reconnaissance éternelle de leurs clients.

Puis arrivaient les clients habitués qui avaient été discrètement informés de la date du « jour J »

Enfin et comme par magie (les bruits courant vite dans le Bayonne d’antan), une foule d’amateurs avertis aux yeux émerveillés se ruait spontanément devant l’étal, juste le temps de satisfaire leurs yeux avant leurs papilles.

“Ils viennent d’où ?”, “c’est des cèpes ?…”, “moi j’vais me les chercher !”, “ils sont magnifiques, beaux, superbes !”, “c’est cher !”, Alua !” ou encore “Hil dou biable !” étaient les phrases les plus entendues sous les Halles chaque mois de septembre.

Durant la saison Yvonne et Francette reprenaient la route deux à trois fois par semaine, inutile de préciser que ce rythme pour le moins soutenu, leur laissait peu de temps pour prendre ne serait-ce qu’un peu de repos.

Mais grâce à elles, les Bayonnais (entre autres) n’ont jamais manqué de cèpes !

Elles ont travaillé toute leur vie aux Halles de Bayonne, en faisant preuve de courage et d’abnégation, je voulais juste leur rendre hommage ici.

Elles apparaissent toutes les deux sur la photo ci-dessous, ce cliché a été pris à l’extérieur des anciennes halles en été 1960.

Yvonne et Francette aux anciennes Halles. Été 1960
Yvonne et Francette aux anciennes Halles. Été 1960

 Pour la petite histoire, vous pouvez peut-être remarquer que Francette est enceinte, je suis né environ 3 mois plus tard… et le mystérieux petit passager dans son couffin c’était moi 😉

Le petit passager et sa maman aux Allées Paulmy deux ans après
Le petit passager et sa maman aux Allées Paulmy deux ans après

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Riton le livreur de choc !

En ce matin de juin 1978, le carreau des Halles a l’aspect d’une énorme fourmilière, et pour cause, nous sommes samedi c’est-à-dire jour de grand marché .

Sur les quais et sous les arceaux, les nombreux grossistes et leurs équipes de ripeurs s’affairent à finir de décharger les poids-lourds, ranger, négocier, trier, peser et recharger dans des véhicules plus légers les marchandises à livrer toujours dans l’urgence.

Parmi les ripeurs (Ouvriers spécialisés dans la manutention) se trouvaient quelques personnages d’exception, je vais vous raconter aujourd’hui l’un des plus hauts « faits d’armes »  de l’un d’entre eux, surnommé « Riton* »…

*Afin de ne pas nuire à sa réputation actuelle, j’ai volontairement dissimulé son vrai nom.

Il est environ 5h30…

Notre Riton s’emploie chez l’un des grossistes du Quai Galuperie, lorsque son patron lui demande de prendre une palette de tomates, de la charger dans le fourgon puis d’aller livrer le tout au Printafix de la rue Orbe.

Riton fort de son sens inné de l’organisation et de son souci de l’optimisation, juge qu’il aura bien plus vite fait d’aller livrer la palette de tomates (environ 350kgs) directement avec le transpalette…

Palettes de tomates
Palettes de tomates, notez qu’à l’époque les “cageots” étaient en bois.

Il estime donc parfaitement inutile de perdre du temps (et surtout de se fatiguer outre mesure…).

C’est au moment où son patron entre dans la chambre froide que notre Riton profite de cette brève « fenêtre de tir »  pour s’emparer du manche du transpalette et de son contenu sans se faire voir, puis commence à le tirer vers le pont Marengo (côté Musée Basque).

Transpalette pour ceux qui ne connaissent pas
Transpalette pour ceux qui ne connaissent pas

Bien entendu, l’ensemble étant trop lourd pour un seul homme aussi costaud soit-il, notre Riton nous fait un signe discret pour que nous lui donnions un coup de main.

J’avoue que même à trois, nous avons eu peine à parvenir en haut de la pente.

Une fois notre Riton et son attelage sur le pont, nous retournons rapidement finir de décharger le camion en cours sur le quai devant chez Yves Metge.

Une catastrophe annoncée

Nous n’avons pas le temps d’arriver qu’un fracas terrible suivi d’un impact nous cloue sur place !

Notre premier réflexe est de nous retourner pour voir si c’est le pont ou un immeuble qui s’est effondré, mais rien…

Ce n’est qu’une fois revenus au pas de course sur le pont Marengo que nous prenons conscience du préjudice, presqu’en même temps que… le patron de Riton alerté lui aussi par cet énorme fracas !

En bas du pont côté « Bazar Central », s’étend devant nous une véritable scène d’apocalypse.

Le transpalette lui a fini sa course encastré à 45° dans l’entrée du magasin , non sans avoir éjecté auparavant les 350kgs de tomates !

Le "Bazar Central" en bas du pont Marengo
Le “Bazar Central” en bas du pont Marengo

Comme vous vous en doutez ces dernières se sont, soit écrasées net (donc sans souffrance), soit ont roulé, ou sont encore en train de le faire sur un espace qui n’en finit pas de s’agrandir…

Mais où est passé Riton ?

Pas bien loin, en fait notre livreur de choc est assis sur les marches du pont, en train de tirer fiévreusement sur une « Gitane » contemplant d’un air hébété le spectaculaire épilogue de son coup de fainéantise.

Lorsque son patron furieux l’interroge sur la raison du carnage, il lui répond d’un air aussi détaché qu’innocent « comprend pas ce qui s’est passé, peut-être un trou sur le pont ! »

Préférant éviter toute échange qu’il n’est même pas sûr de remporter connaissant son lascar, le patron désespéré retourna au magasin tout et se demandant comment il allait bien pouvoir expliquer cette “bavure” à son assureur.

Tout le monde a mis la main à la pâte afin de récupérer le plus grand nombre de tomates possible, mais en pure perte car la circulation et l’agitation à cette heure sont trop intenses.

Vers 8 heures du matin, rien n’est encore nettoyé, le carreau des Halles a des faux airs de La Mongie en période de dégel…

Les voitures, fourgons et autres camions n’ayant eu d’autres choix que d’avancer, ont écrasé au passage une quantité phénoménale de tomates, à tel point qu’une épaisse trainée rouge recouvre la chaussée du bas du pont Marengo jusqu’au bout de la rue Port de Castets d’un côté, et jusqu’au pont Pannecau de l’autre.

Il va de soi que le tour des Halles a également bénéficié de cette piperade pour le moins inattendue.

De fait les crampons de 12 deviennent fortement préconisés pour les malheureuses mémés arrivées (trop) tôt faire leurs emplettes…

Pour l’anecdote, on ne sait pas comment elles sont arrivées là, mais on a même retrouvé des tomates sous les tables du bar « Chez Rémy »

Mais que s’est-il donc passé ?

Souvenez-vous, nous lui avons donné un coup de main pour monter sur le pont, et l’entraide de l’époque est telle que nous sommes certains qu’il y aura des âmes charitables pour l’aider de l’autre côté, dans la descente… mais pas là… pas ce jour-là….

Au lieu d’attendre un peu que quelqu’un arrive, notre Riton, sûr de sa technique parfaite et téméraire de nature, a légèrement sous estimé la poussée avant d’entamer sa descente en solo, enfin avec le transpalette et les 350kgs de tomates tout de même !!!

Ce qui devait arriver arriva, ne parvenant plus à contenir la cargaison, et voyant la situation lui échapper, notre Riton n’a eu d’autre alternative que de jouer les écarteurs, façon Michel Agruna… avec le résultat que l’on connait.

Inutile de vous préciser qu’avant d’aller voir son assureur, le patron de Riton a sans délai tiré les leçons de cette mémorable aventure en lui interdisant « à vie » de s’approcher à moins de 5 mètres de tout transpalette.

Il lui a en quelque sort retiré son permis (presque à point)

Il faut noter que Riton notre livreur de choc nous a fait connaitre d’autres grands moments, l’épisode de la palette de tomates ne constituant qu’un échantillon pour ne pas dire un concentré, car un jour il a fait mieux, bien mieux, mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterais prochainement…

Autre anecdote :

Récemment lors d’un repas à la maison, lorsque je lui ai rappelé cet épisode peu glorieux, notre Riton m’a juré qu’il ne s’en souvenait pas, mais alors pas du tout, que j’avais du « rêver » ! Bonne foi quand tu nous tiens…

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Bayonnades Pack 7

« Escarougner »… « Churuper »… « Ne pas pouvoir le Chincher »… « Aller à la Souillarde »… « Un Mus de Porc » ou encore « Faire un Bitiop »…

Voici quelques-unes des expressions croustillantes de ce Pack 7 composé de 28 nouvelles Bayonnades !

Le Pack 7 des Bayonnades !

Régalez-vous, amusez-vous et n’oubliez pas de partager !

Pour votre information, afin de réaliser cette section, je me suis appuyé sur des textes anciens, et des archives datant du tout début du XXème siècle, documents auxquels j’ai rajouté les archives familiales ainsi que mes propres souvenirs d’enfant des halles et du Petit Bayonne. Je tiens à remercier également les centaines de personnes qui ont apporté leur contribution sur la page Facebook dédiée à l’histoire des Halles de Bayonne.

Ceci dit, je file vous préparer… le Pack N°8 !

D’ici là n’hésitez pas à partager !

Retrouvez très bientôt les nouvelles « Bayonnades » sur ce site ! Pour être informé directement de leur arrivée, abonnez-vous, c’est gratuit !

1905 Une légende à Bayonne !

Je vais vous parler aujourd’hui d’un fait peu commun, et peu connu de nos contemporains, qui s’est déroulé à Bayonne il y a un peu plus d’un siècle.

Lorsque ma grand-mère m’en avait parlé j’étais encore enfant, et ce qu’elle m’avait raconté ce jour-là m’avait fasciné…

Visionnez la vidéo ou lisez le texte plus bas.

En ce matin ensoleillé du jeudi 5 octobre 1905, il règne une certaine effervescence dans la ville, et pour cause, cet après-midi Bayonne s’apprête à accueillir un évènement pour le moins exceptionnel !

À cette époque, les médias tels qu’on les connait aujourd’hui n’existent pas, de fait il y a encore quelques mois, seuls quelques bayonnais ont déjà entendu parler de l’hôte de marque qui va se produire aujourd’hui aux Allées Paulmy.

Mais depuis quelques jours, la presse a relayé l’information via un important battage publicitaire, c’est donc une foule de plus de 20.000 personnes qui se presse à St Léon en ce début d’après-midi pour assister au spectacle créé par cette célébrité !

Ce visiteur est né le 26 février 1846, il vient de loin, de très loin, il fût tour à tour chasseur de bisons, guerrier indien, éclaireur de l’armée et finit sa carrière comme forain !

Buffalo Bill !

Vous l’avez sans doute deviné, il s’agit du légendaire William Cody, plus connu sous le nom de « Buffalo Bill » !

Eh oui ! Buffalo Bill est bien venu aux Allées Paulmy à Bayonne avec toute la troupe de son fameux Wild West Show, il y a bientôt 115 ans !

Affiche du Wild West Show de Buffalo Bill
Affiche du Wild West Show de Buffalo Bill

Le “Wild West Show”

Le Wild West Show présente aux spectateurs émerveillés une parade d’indiens en grande tenue chevauchant leurs magnifiques Mustangs, des exhibitions de tir à l’arc, au fusil, des lances qui ne ratent jamais leur cible sont jetées en plein galop par de fiers guerriers qui ne ratent jamais leur cible.

Une simulation de bataille contre les « Tuniques bleues » éblouit les spectateurs de tous âges, un village indien est reconstitué avec de multiples tipis en provenance directe des grandes plaines de l’Ouest.  

Guerriers Indiens en grande tenue
Guerriers Indiens en grande tenue

Bref, un véritable spectacle hollywoodien et tout ça aux Allées Paulmy… en 1905 !

Deux représentations sont prévues une l’après-midi une autre le soir, à l’issue de laquelle tout est démonté en quelques heures à peine et transporté jusqu’à la gare ou attend un train à destination de Pau pour le spectacle de demain.

165 anciens francs

Les spectateurs ont été ébahis par ce qu’ils ont vus, et ce n’est pas le tarif qui les a découragés 165 anciens francs (0.25€ env.) pour les adultes et quasiment demi-tarif pour les enfants.

Le Wild West Show de Buffalo Bill, fut fondé en 1883 et mit fin à ses représentations en 1913, quelques années après être passé par Bayonne.

Buffalo Bill défenseur des… bisons !

Pour l’anecdote, Buffalo Bill le bien nommé qui fût comme on le sait le plus grand chasseur de bisons de l’Histoire, devint plus tard un ardent défenseur de la préservation des bisons !

William Cody, plus connu sous le nom de « Buffalo Bill »
William Cody, plus connu sous le nom de « Buffalo Bill »

Quand on pense que nos aïeuls, furent des contemporains de Buffalo Bill, on prend vite conscience que l’espace temporel est finalement très réduit !

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui, je vous souhaite à toutes et tous une belle journée, et à très bientôt sur les Bayonnades !

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Les Fêtes c’était mieux avant ?

Pour être né et avoir passé mon enfance et mon adolescence rue Bourgneuf, je voudrais vous faire part de mon ressenti quant aux différences notables (à mes yeux) entre les Fêtes des années 60 jusqu’à début 80 et celles de nos jours.

Notez qu’il ne s’agit pas d’une critique gratuite puisque, vous allez le constater, il y a eu de bonnes choses à toutes les époques, même aujourd’hui naturellement.

Bien entendu il ne s’agit que d’un avis personnel, que je voudrais néanmoins  partager avec vous…

Le Nombre de Bandas (Ambiance)

Bandas =Cliques” en ancien bayonnais 😉

Prenons l’exemple de 1961 ou ce n’était pas moins de de 32 bandas pour plus de 600 musiciens, danseurs et danseuses qui animaient les rues durant les Fêtes. Imaginez un peu l’ambiance !

Aujourd’hui l’on ne peut que constater que la majeure partie de ces Bandas a été remplacée progressivement par des « groupes musicaux » d’une part, mais aussi et surtout par les sonos tonitruantes des bars et autres peñas (ces dernières étant beaucoup plus récentes).

Selon moi – et je sais bien que je ne suis pas le seul – cette « évolution » donne une tout autre physionomie à la Fête, en effet le rythme omniprésent des grosses caisses quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans Bayonne, créait une ambiance incomparable, comme quoi rien ne remplacera la musique vivante.

Banda dans les années 60
Banda dans les années 60

La Sécurité

De ce point de vue et tenant compte de l’évolution du nombre de Festayres, il faut tout de même reconnaître qu’il y a un mieux, même si certains pensent le contraire.

Dans les années 70 et début 80, il est arrivé à plusieurs reprises que certains perdent la vie lors des Fêtes, et pas seulement par accident…

Pour exemple lors de l’édition 1978, il est presque 2 heures du matin lorsque Alain F. ripeur chez un grossiste du Quai Galuperie s’en prend à Jean-Claude E. pour un simple vol de melon, il le poursuivra tout le long du quai avant que ce dernier ne s’effondre au pied du pont Marengo, lardé de coups de couteau, il n’y survivra pas.

Je les connaissais tous les deux (Relations des Halles)

Le lendemain, c’est Antonio G. qui tuera par arme à feu un Festayre sur le Quai des Corsaires

Et croyez bien que ce ne sont pas des cas isolés, de fait on peut considérer que de ce point de vue, les temps ont évolué favorablement. 

Sécurité quasi inexistante autrefois
Sécurité quasi inexistante autrefois

La Propreté

Oui, des gros efforts ont été faits afin d’améliorer la salubrité de notre chère ville durant la période de liesse.

Il existait autrefois une pratique peu avouable qui a perduré jusqu’à la disparition progressive des grossistes sur les quais, voir ici l’article dédié.

Il y a très peu de temps encore, les gobelets en plastique jonchaient les rues odorantes, les verres consignés n’existaient pas, et, tous les bars fermaient leurs toilettes, alors comment faire ?

Le résultat tout le monde s’en souvient encore, surtout les résidents (là je parle en qualité d’ancien de la Rue Bourgneuf).

De nos jours, malgré le consensus écologique qui semble émerger, force est de constater que l’on assiste encore à ça en 2019… (Cf. photo ci-dessous). Tout le monde parle de “respect” et “d’écologie” mais les actes trahissent ces bons mots…

Source Sud-Ouest https://www.sudouest.fr/2019/08/01/videos-fetes-de-bayonne-un-blogueur-du-pays-basque-denonce-les-festayres-pollueurs-6403618-4018.php
Source Sud-Ouest

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Les Prix pratiqués

Il s’agit là d’une différence majeure entre les Fêtes d’antan et celles de nos jours.

Si l’on fait le calcul entre les prix pratiqués autrefois par rapport à ce que l’on gagnait à l’époque, on se rend compte qu’une énorme “machine à business” s’est mise en place depuis les années 90, c’est-à-dire au fur et à mesure de l’augmentation de l’affluence des Festayres d’ici et surtout d’ailleurs.

Certains (pas tous heureusement) aujourd’hui pratiquent des prix excessifs pour ne pas dire indécents, au regard de la qualité des produits qu’ils proposent.

Pour se faire comprendre, il est parfois nécessaire de forcer le trait...
Pour se faire comprendre, il est parfois nécessaire de forcer le trait…

L’Incontournable des Fêtes

J’ai eu la chance de connaitre ce temps béni ou les sandwichs des Fêtes avaient la même taille que ceux du reste de l’année à savoir « une demi baguette ».

Cette époque est visiblement révolue, tout aussi révolue que l’omniprésence de notre incontournable sandwich à l’omelette aux piments.

Je trouve très triste de constater qu’aujourd’hui il est beaucoup plus facile de trouver des sandwichs exotiques comme le « Kebab ».

Pour preuve, avec des amis nous avons dû faire quasiment le tour de Bayonne pour trouver un établissement proposant ce délice local !

J’adresse donc un appel aux professionnels, espérons qu’il soit entendu 😉

Un délice traditionnel presque introuvable aux Fêtes !
Un délice traditionnel presque introuvable aux Fêtes !

Les Tenues à travers les temps

Si la tendance était au bleu et blanc, puis au vert et blanc en 1932 et lors des premières éditions, la tendance a ensuite évolué.

Dans les années 60 les tenues étaient assez disparates, même si en 1969, Luis Mariano jette les clefs, vêtu de blanc et rouge, comme à Pampelune, ce n’est que quelques décennies plus tard que cette tenue sera adoptée, et qui l’est encore aujourd’hui.

C’est dans les années 70 que la mode des bleus de travail et t-shirt à rayures fait son apparition, pour compléter ce « kit Festayre », il ne faut surtout pas oublier les sandales de préférences portées en « chocou », et… le Chahakoa. 

Fêtes 1971 rue Poissonnerie
Fêtes 1971 rue Poissonnerie

 

Appellation d’Origine Contrôlée

Mon « coup de bec » concerne une fâcheuse habitude qui a tendance à se répandre, j’ai nommé « La Féria de Bayonne », ce terme utilisé par les vacanciers qui ne font que répéter le terme propagé par certains acteurs de la grande distribution et autres commentateurs de tout poil, démontrant ainsi leur parfaite méconnaissance de Bayonne.

À ce sujet, je vous invite à lire un précédent post

Les Animations

Les courses de ripeurs avec leurs piles de cageots, les courses de garçons de café, les courses nautiques sur la Nive et sur l’Adour, les courses d’ânes, les rassemblements de motos etc. ont désormais disparu des Fêtes, d’autres animations sont arrivées

Course des ripeurs (Fêtes du Petit-Bayonne)
Course des ripeurs (Fêtes du Petit-Bayonne)

L’Affluence

Si les chiffres indiquent une certaine stagnation du nombre de Festayres depuis l’instauration d’un « droit d’entrée », il faut bien reconnaitre qu’en raison d’une certaine médiatisation (parfois très discutable, voire hostile), la fréquentation a explosé au fil des années.

À tel point qu’il n’est pas rare de voir circuler l’évaluation d’un million de Festayres (chiffres cumulés sur les 5 jours).

Il est vrai qu’il y avait beaucoup moins de monde lors des Fêtes d’antan, jugez plutôt…

Rien que dans les années 60, sur le Pont Mayou par exemple, les anciens avaient encore la possibilité de venir avec leur chaise pour assister confortablement aux festivités.

Les familles apportaient même des escabeaux pour y installer les plus petits…

Votre serviteur en famille (sur l’escabeau) lors des Fêtes 1964
Votre serviteur en famille (en haut de l’escabeau) sur le Pont Mayou lors des Fêtes 1964

Les Comportements

Dans les années 70 et début 80, un certain nombre de soi-disant «Festayres » pensant sans doute faire preuve « d’humour », trainaient derrière eux attachés à une ficelle un canard (vivant) certains n’hésitant pas à faire ingurgiter tout type d’alcool au pauvre animal…

C’est dire le niveau intellectuel de ces tristes sires que l’on n’hésitait pas, mes amis et moi, à qualifier de « C.nnards à canards ».

Fort heureusement cette pratique de débile profond s’est tarie avec le temps, du moins je l’espère !

Ancienne pratique de débiles profonds
Victime d’une ancienne pratique de débiles profonds

Aujourd’hui lors des Fêtes, je déplore le comportement de certains (là encore une minorité) cafetiers et restaurateurs qui « oublient » carrément la valeur de leur clientèle aussi locale que fidèle à l’année, et qui ne devient alors à leurs yeux qu’un docile distributeur de billets ne méritant aucun égard.

Dans les années 70, j’en ai connu un ou deux qui avaient adopté ce type de comportement, dès la fin des Fêtes ils y ont laissé des plumes… l’un d’eux a même dû vendre son bar quelques mois après.

Il faut dire qu’à l’époque nous étions bien plus regardant sur ce point, car très attachés à une certaine notion de fidélité mutuelle. Ceux qui jouaient contre perdaient à tous les coups !

Eh oui… pour ceux-là la notion de respect du client fidèle se perd, de fait ce dernier perd aussi peu à peu la notion de fidélité, rien d’anormal.

En revanche, je tiens à remercier la majorité de professionnels qui, je le sais, se donnent beaucoup de mal pour que la fête soit belle !

Sur les Fêtes payantes

Oui, je l’ai gardé pour la fin, même si je suis persuadé que la municipalité a pesé le pour et le contre avant de prendre une telle décision, j’avoue que résidant aujourd’hui à Anglet, j’ai un peu de mal à « passer à la caisse » pour avoir le droit d’entrer dans « ma » ville, ce n’est pas du tout une question financière, juste par principe.

J’espère juste que ces fonds sont et seront judicieusement utilisés.

J’imagine par ailleurs, un futur ou les plus jeunes auront du mal à croire que les Fêtes de Bayonne furent un jour gratuites…

Bracelet Fêtes de Bayonne
Bracelet Fêtes de Bayonne

En synthèse

Quelle que soit l’époque les Fêtes nous ont fait connaître de bien belles choses, des moments inoubliables, une ferveur intense et plein d’histoires et d’anecdotes à se raconter. D’autres pratiques moins glorieuses ont aussi existé, chacun aura sa vision des choses, ce qui est sûr en revanche, c’est que la fierté d’être Bayonnais est et sera toujours là !

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L’affiche des Fêtes à travers les âges

Nous vivons actuellement la 82ème édition des Fêtes qui auraient dû être la 87ème (Article précédent) mais les évènements en ont décidé ainsi.

À cette occasion, il m’a semblé judicieux de faire découvrir à celles et ceux qui ne connaissent pas, les différentes affiches des Fêtes à travers les âges.

Il en manque quelques-unes, mais il y a la première celle du 13 au 17 juillet 1932, jusqu’à celle de 1989.

Avec en petit bonus l’affiche des Fêtes du Petit Bayonne 2000.

Parfois des doublons

Comme vous allez le constater jusqu’aux années 80, il était fréquent qu’une même affiche soit utilisée pour deux années consécutives.

Dans ce cas, les couleurs étaient généralement différentes.

Mais il est aussi arrivé comme en 1958 et 1959 par exemple, que l’affiche soit strictement identique.

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