Des Jacobins de 1265 aux élèves de 2019

Il y a quelques semaines, un email arrive dans ma boîte, il s’agit d’une invitation que m’adresse Jean-Pierre Condon pour participer à la première visite guidée du Lycée Paul Bert conçue et réalisée par certains élèves.

Le jour venu, mon épouse et moi sommes aimablement accueillis par Jean-Pierre Condon et Madame Leclerc.

La visite guidée

Tout le monde est là, nous pouvons donc débuter la visite, guidés que nous sommes par nos « experts ès Lycée Paul Bert », j’ai nommé les élèves/guides :

Marie, Sharleen, Haize, Elorri, Anaïs, Joé et Tybau

Il ne m’aura fallu que quelques minutes pour réaliser que cet établissement situé à moins de 100m de mon lieu de naissance m’est totalement étranger, au point que je n’ai même jamais eu l’occasion d’y mettre les pieds…

L’une de nos élèves/guides en pleine explication

On sent bien que nos hôtes du jour sont enthousiasmés par le fait de nous apprendre des tas de choses, même s’ils ont parfois le discours un peu hésitant, ceci est vite oublié tant ce qu’ils nous racontent est passionnant !

Je tiens d’ailleurs à souligner l’importance du travail de recherche et de préparation qu’ils ont réalisé.

Mais qu’a-t-on appris au juste ?

C’est en 1215 que les Jacobins s’installent au Bourg Neuf (Place du Réduit), 50 ans plus tard, soit en 1265, ils se déplacent plus en amont à l’emplacement actuel du Lycée des métiers Paul Bert.

Pour l’anecdote, on retrouve un mur de l’édifice religieux dans l’actuelle salle de sport du lycée.

Mur du Couvent des Jacobins

Le couvent des Jacobins a été rebâtit entièrement à neuf en 1545, il faut dire qu’il est alors devenu le plus riche de Bayonne et de loin…

L’hôpital militaire

C’est en 1832 pour répondre aux besoins sanitaires des garnisons présentes à Bayonne qu’il est décidé de construire un hôpital militaire de 800 lits.

Les vestiges du couvent des Jacobins et des Capucins sont détruits en 1833/1834 et l’hôpital militaire est inauguré en 1842 par le Maréchal Harispe(1) et Monseigneur Lacroix(2).

De nombreux blessés de la Grande Guerre seront ainsi soignés à Bayonne.

Un peu plus tard, l’Hôpital militaire devient un établissement scolaire durant les mandatures de trois maires :

  • Joseph Garat élu en 1925 et réélu en 1929
  • Jules Lafourcade élu en 1934
  • Et Pierre Simonet élu en 1935

En 1937 de nombreux réfugiés espagnols fuyant la guerre d’Espagne sont hébergés dans les locaux de l’établissement scolaire.

De 1942 à 1944 pendant la 2ème guerre mondiale, l’établissement sert de mess aux sous-officiers et de dortoir aux troupes de la Wehrmacht.

Inscription “Waffen” toujours visible

C’est en 1945 que l’établissement prend le nom de Lycée Technique Municipal, avant de devenir le Lycée Professionnel Paul Bert en 1985.

Enfin en 2009, il obtient le label « Lycée des Métiers ».

Conclusion

Il ne vous aura pas échappé que je me suis contenté de vous faire un résumé de notre visite, j’espère toutefois que celui-ci vous aura appris certaines choses.

Encore merci à Jean-Pierre Condon, à Mme Leclerc ainsi qu’à Marie, Sharleen, Haize, Elorri, Anaïs, Joé et Tybau, qui nous ont permis de découvrir l’un des trésors historiques de notre chère cité.

Il est à croire que le moindre recoin de notre Bayonne recèle de véritables trésors trop souvent insoupçonnés.

L’Histoire de notre ville est parfois glorieuse, parfois curieuse mais souvent surprenante.

(1) Jean Isidore Harispe, Maréchal de France, né le 7 décembre 1768 à Saint-Étienne-de-Baïgorry.

Député des Basses-Pyrénées, il fut élevé à la dignité de Maréchal de France le 11 décembre 1851 par le président Louis-Napoléon Bonaparte.

Sénateur sous le Second Empire, il mourut le 26 mai 1855 à l’âge de 86 ans à Lacarre.

(2) François Lacroix né le 16 novembre 1793 à Entraygues (Aveyron) et mort à Bayonne le 12 octobre 1882

Supérieur du séminaire de Rodez en 1833, il est sacré évêque de Bayonne en 1837, il abandonne cette fonction en 1878.

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Origine des Ponts de La Nive

PONT MAYOU

Pont en pierre depuis 1857

Napoléon Ier lors de son passage dans la cité, décide la reconstruction du pont en charpente reposant sur 2 culées en maçonnerie.

Victime des crues de la Nive, il sera remplacé par un ouvrage en pierre en 1857.

Il est élargi en 1914 pour le passage du tramway

Anciens noms : Majour – Major – Pont Chégaray

Pont Mayou

PONT MARENGO

1857 – Victoire de Napoléon en Italie

Son nom célèbre la victoire italienne de Napoléon Ier face aux autrichiens en 1800.

Une passerelle métallique suspendue, dite «en fil de fer» est projetée en 1836 et ouverte en 1839. Elle est à péage et elle dure jusqu’en 1854.

En 1857, elle est remplacée par une autre passerelle en bois, dite «américaine», avant le pont maçonné construit en 1864.

Anciens noms : Pont Traversant – Pont Napoléon III

Pont Marengo (Gradins)

PONT PANNECAU

XIIe siècle – 1236

Le premier pont Bertaco ou Pannecau aurait été construit vers 1120, si ce n’est avant.

Détruit par les mêmes crues que le Pont Mayou, il est systématiquement rétabli.

En 1729, en 1732 et en 1755, le pont est interdit à la circulation avant d’être refait en 1782 et restauré en 1831.

Démoli en 1867, il est reconstruit en maçonnerie sous Napoléon III.

Un poste de garde et de péage, attesté au 13ème siècle, occupe l’angle du pont Pannecau et du quai des Cordeliers.

Selon François Lafitte Houssat, « […] une ordonnance municipale de 1327 prévoyait l’enfermement de toute femme querelleuse et de mauvaise vie dans une cage de fer plongée dans l’eau de la Nive depuis le pont.

La pratique perdura jusque vers 1780, elle portait le nom évocateur de Cubainhade ou Cubainhedey. On y pratiquait le jeu de l’oie et du canard.

Ancien nom : Pont Bertaco

Pont Pannecau en bois avant 1862

PONT DU GÉNIE

1799 (en bois)

Le pont du Génie, ou pont Courtine, a remplacé l’ancienne estacade qui barrait l’entrée de la Nive.
Le premier pont en bois date de 1799, puis le génie militaire bâtit en lieu et place un pont en pierre à trois arches.

A proximité des ponts du Génie, Mayou, Marengo et Pannecau, les berges sont aménagées en gradins.
Ces différents niveaux en escaliers permettent ainsi le transbordement des marchandises quelle que soit la marée.
Les quais à gradins disparaîtront en 1920 afin de faciliter la circulation des automobiles.

Pont du Génie

Nous connaissons tous plus ou moins les noms des rues de notre chère cité.

Mais de là à connaitre leur origine c’est une autre histoire…

C’est un travail de recherche que j’envisageais de faire depuis des lustres, sans vraiment trouver le temps de m’y atteler.

Et c’est là que Claude Jammaerts ancien trésorier de l’Amicale du Petit-Bayonne et fervent amateur des « Bayonnades » m’a contacté.

Lors de notre rencontre autour d’un café, il m’a confié avoir travaillé sur l’origine du nom des rues du Petit Bayonne, et exprimé un souhait que nous avons en commun, celui partager avec le plus grand nombre le fruit de ses recherches.

Voici donc une nouvelle rubrique qui vous dévoilera régulièrement l’origine des noms de rues et places de Bayonne.

Si vous aussi avez des informations se rapportant à ce sujet, n’hésitez pas à me les envoyer ! Je vous en remercie par avance.

Retrouvez très bientôt de nouveaux articles sur les «Bayonnades » ! Pour être informé directement de leur arrivée, abonnez-vous, c’est gratuit !

Origine de la Rue des Cordeliers

Emplacement du Couvent des Frères Mineurs et Franciscains

Les Cordeliers, Mineurs ou Franciscains, apparaissent vers 1222-1228, pratiquement en même temps que les Jacobins.

Ils s’installent probablement à la rue qui porte aujourd’hui leur nom, appelée alors «San-Bénédit».

En 1242, l’évêque et le Chapitre leur cèdent les droits sur un oratoire situé près du «Clos des Galées». L’année suivante, le roi donne «quarante marcs» à l’«opus fratum minorum Baione» et, en 1283, il leur cède les terrains attenant à leur oratoire d’une contenance de 28 brasses de côté «en bordure de la Nive et à l’intérieur de l’enceinte», et 100 livres bordelaises afin d’y construire leur couvent.

Terminé vers 1300, celui-ci brûle en 1333

Les Cordeliers abritent l’artillerie, les Jacobins et les Capucins, servent d’hôpitaux et les Clarisses de magasin.

 En 1721, la rue des Cordeliers est pavée. Puis, jusqu’en 1732, les prostituées sont gardées à l’hôpital Saint-Léon, une maison située rue des Cordeliers servant à leur enfermement après cette date.

Le couvent est démoli en 1833 pour construire des casernes en 1836.

Dès lors, toute trace du couvent a disparu, l’«Atlas des bâtiments militaires» faisant figurer à cette date les seuls nouveaux bâtiments de l’Arsenal.

Anciens noms : rue de Menons – rue Saint Bénédict – rue Sainte Claire – en 1700 rue des Grouillots (grenouilles)

Rue des Cordeliers

Nous connaissons tous plus ou moins les noms des rues de notre chère cité.

Mais de là à connaitre leur origine c’est une autre histoire…

C’est un travail de recherche que j’envisageais de faire depuis des lustres, sans vraiment trouver le temps de m’y atteler.

Et c’est là que Claude Jammaerts ancien trésorier de l’Amical du Petit-Bayonne et fervent amateur des « Bayonnades » m’a contacté.

Lors de notre rencontre autour d’un café, il m’a confié avoir travaillé sur l’origine du nom des rues du Petit Bayonne, et exprimé un souhait que nous avons en commun, celui partager avec le plus grand nombre le fruit de ses recherches.

Voici donc une nouvelle rubrique qui vous dévoilera régulièrement l’origine des noms de rues et places de Bayonne.

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