Fêtes de Bayonne OUI ! Féria NON !

Dans quelques jours, la 87ème édition des Fêtes va débuter, qui sera en réalité la 82ème en raison de leur suspension entre 1940 et 1944 pour des raisons connues de tous.

Cette petite précision faite, il me semble bon de rappeler que jusqu’aux années 80, et même un peu après de façon plus sporadique, d’autres fêtes étaient également très prisées, il s’agissait des « Fêtes du Petit Bayonne », ces dernières ne concurrençaient pas directement leur « sœur ainée », mais constituaient plutôt un « bonus » vraiment très apprécié des autochtones dont je faisais partie.

Elles se déroulaient courant du mois d’août.

Quelques vidéos

Histoire de raviver leur souvenir dans l’esprit des plus anciens, et de les faire découvrir aux plus jeunes, vous pouvez visionner sur ce site quelques vidéos (Super8 numérisées) d’animations organisées à cette occasion.

Comme par exemple :

Coup de bec !

Je voudrais maintenant profiter de cette publication, pour m’insurger contre une pratique qui a une fâcheuse tendance à se développer de façon plus ou moins insidieuse…

Natif du Petit Bayonne et ayant quasiment toujours vécu ici, je suis très étonné par le terme « Férias de Bayonne » qui semble de plus en plus utilisé pour désigner nos « FÊTES DE BAYONNE ».

En ce qui me concerne, la seule « Féria » que j’ai connue à Bayonne, était en réalité le cinéma qui se trouvait en bas des Allées Paulmy, et que beaucoup d’entre nous fréquentaient assidument !

La Féria et l’Avenue de Biarritz (Allées Paulmy d’aujourd’hui)

Et les touristes dans tout ça ?

Les années passant, nous écoutions amusés, les « touristes » parler de « Féria », sans doute en référence à celles de Nîmes ou d’Arles, il va de soi que nous les reprenions sans délai, de façon à ce qu’ils ne commettent davantage ce crime de lèse-majesté (pauvre Léon)

Il me semble bon de rappeler qu’ici, nous sommes à Bayonne, et que les festivités se sont toujours appelées « FÊTES DE BAYONNE », indiscutable AOC qui devrait presque figurer au patrimoine mondial de l’Unesco… bon ok, j’exagère un peu, mais tout de même… !

En synthèse

Merci donc aux acteurs de la grande distribution et autres commentateurs de tout poil de parler en bon bayonnais !

Si vous pensez que j’exagère, tapez “Féria de Bayonne” dans Google et jugez par vous-même…

En revanche si vous rejoignez mon point de vue, n’hésitez pas à partager, c’est le moment ou jamais 😉

BONNES FÊTES A TOUTES ET TOUS !

Origine de 7 sites Bayonnais

Vous voulez en savoir un peu plus sur l’histoire des sites « Bastion Royal », «Arsenal», «Paul Bert », « Château Neuf », « Réduit », « Mousserolles », ou même de « l’Église Saint André » ?

Vous trouverez ici un descriptif de leur origine…

L’ARSENAL (Place de)

Lieu de construction, d’entretien et d’armement des navires de guerre.

Anciens noms : Dépendance des Cordeliers – Sainte Claire – Retranchement Sainte Claire – Rue de Menous

La Place de l’Arsenal autrefois.

BASTION ROYAL

Fier défenseur du quartier du Petit-Bayonne et de la rivière Nive depuis le 17ème siècle.

Le riche vocabulaire de l’architecture militaire se décline à l’infini pour caractériser la place forte qui a fait de Bayonne, tout au long de son histoire, un site stratégique de défense du territoire.

De l’autre côté de la Nive, la Redoute Royale protégeait la caserne du Génie, aujourd’hui disparue.

Le Bastion Royal

PAUL BERT (place)

1833/1886 – Médecin – Homme politique – Ministre instruction publique.

Paul Bert, né le 19 octobre 1833 à Auxerre et mort le 11 novembre 1886 à Hanoï, est un médecin, physiologiste et homme politique français.

Élève de Claude Bernard, suppléant de Pierre Flourens au Muséum National d’Histoire Naturelle, il étudie la physiologie de la respiration (en altitude et en plongée) et s’intéresse à la greffe et à l’anesthésie.

Élu député radical à partir de 1872, il est ministre de l’Instruction publique et des Cultes de 1881 à 1882.

Anticlérical, il est l’un des fondateurs de l’« École gratuite, laïque et obligatoire » loi du 09/08/1879 imposant la création d’au moins une École normale de garçons mais aussi de filles par département, pour la formation des « hussards noirs ».

Il s’attacha spécialement à la scolarisation des enfants et des jeunes filles, et rédigea plusieurs ouvrages d’enseignement scientifique d’une grande valeur pédagogique.

Paul Bert

Ministre des Cultes, il se consacra à la lutte contre le cléricalisme.

Il a été membre de plusieurs sociétés de libres penseurs dont la plupart se sont créées au début des années 1880. Il publia en 1880 l’ouvrage “La morale des Jésuites” puis en 1881 un manuel d’instruction civique de coloration nettement anticléricale, qui fut mis à l’Index par l’Église catholique.

Paul Bert fut membre fondateur et vice-président jusqu’à sa mort de l’Union de propagande démocratique anticléricale.

En janvier 1886, il est nommé résident supérieur de l’Annam-Tonkin, en Indochine, où il meurt quelques mois plus tard des suites du choléra.

Anciens noms : Place du collège – Place de la Ramade

La Place Paul Bert lors des fêtes

CHÂTEAU NEUF

15ème Siècle

Sur les hauteurs de Mocoron, cet ensemble fortifié porte aujourd’hui la marque du Maréchal de Vauban, qui l’adapte aux progrès militaires du 17ème siècle et en fait le logement de la garnison chargée de défendre la route de l’Est (Urcuit, Urt, Guiche etc.).

Son origine est cependant beaucoup plus ancienne et remonte au 15ème siècle et à la prise de la ville par les Français.

Ce « Château-Neuf » (par opposition au « Château-Vieux » des vicomtes du Labourd situé un peu plus loin) est commencé sous Charles VII. Son successeur Charles VIII en fait une puissante forteresse dotée de tours défensives et de courtines percées d’embrasures.

L’édifice est aujourd’hui occupé par l’IUT de Bayonne. Sur les hauteurs de Mocoron.

Anciens noms : Château Mocoron

Le Château Neuf autrefois

ÉGLISE SAINT ANDRÉ

Construction de 1856 à 1869     

Construite à l’emplacement d’une église médiévale grâce à un legs d’un paroissien, Mr Lormand, ce vaste édifice néo-gothique est l’œuvre des architectes Hippolyte Guichenné et Hippolyte Durand.

Son édification commence en 1856 et se termine en 1869.

Sa façade quelque peu massive s’inspire librement de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’intérieur, très lumineux, est éclairé par trois rosaces inspirées du gothique rayonnant et par de grandes baies ogivales.

Ne pas manquer de contempler l’orgue impérial « Wenner & Götty » datant de 1862 (35 jeux), classé monument historique depuis 2002.

L’Église Saint André

RÉDUIT (Place du)

Réduit dessiné par Vauban en 1680      

Le réduit est dessiné par Vauban en 1680 et construit à la fin du 17ème siècle (tout comme la citadelle de Bayonne), à la demande de Louis XIV qui désirait fortifier la ville de Bayonne.

La Porte de France, de style classique, fut achevée vers 1760.

Un premier niveau offre des colonnes antiques à pilastres, au second niveau, une niche abrita la statue de Louis XV jusqu’en 1789.

Le président de la République Armand Fallières approuva la loi de déclassement de la place forte en juin 1907.

La municipalité de Léo Pouzac se félicita de la destruction du Réduit car la circulation bayonnaise se trouverait ainsi considérablement améliorée.

La Porte de France fut démontée en 1907, les pierres de l’édifice servirent à surélever l’esplanade sur laquelle fut érigée la statue du cardinal Lavigerie en juillet 1909.

La Porte de France a été retrouvée enterrée sur place et remontée à la Poterne

Le 12 février 1937, l’échauguette s’effondre dans les flots de l’Adour.

La Place du Réduit

MOUSSEROLLES (Porte)

Redoute Est de l’Adour.             

La porte de Mousserolles de la redoute Est de l’Adour est conservée pratiquement en l’état, avec une casemate aux poudres et un corps de garde.

Elle conserve une partie du mécanisme d’ l’ancien pont-levis.

Elle garde le souvenir de la reine douairière d’Espagne Marie-Anne de Neubourg, réfugiée à Bayonne depuis 1706, qui y fait ses adieux solennels au Conseil de ville en 1738 après avoir été autorisée à rentrer dans son pays d’origine.

Aux alentours, dans les anciennes douves, une promenade arborée et des aires de jeux pour les enfants ont été aménagées

Pavillon X siège de l’amicale du Petit Bayonne, pavillon Y Léo Lagrange et les 2 casemates de la Baïona Banda et de l’A.S.B.

La Porte Mousserolles

Nous connaissons tous plus ou moins les noms des rues de notre chère cité.

Mais de là à connaitre leur origine c’est une autre histoire…

C’est un travail de recherche que j’envisageais de faire depuis des lustres, sans vraiment trouver le temps de m’y atteler.

Et c’est là que Claude Jammaerts ancien trésorier de l’Amicale du Petit-Bayonne et fervent amateur des « Bayonnades » m’a contacté.

Lors de notre rencontre autour d’un café, il m’a confié avoir travaillé sur l’origine du nom des rues du Petit Bayonne, et exprimé un souhait que nous avons en commun, celui partager avec le plus grand nombre le fruit de ses recherches.

Voici donc une nouvelle rubrique qui vous dévoilera régulièrement l’origine des noms de rues et places de Bayonne.

Si vous aussi avez des informations se rapportant à ce sujet, n’hésitez pas à me les envoyer ! Je vous en remercie par avance.

Retrouvez très bientôt de nouveaux articles sur les «Bayonnades » ! Pour être informé directement de leur arrivée, abonnez-vous, c’est gratuit !

Adrien “La Main Froide” Bayonnais au destin hors du commun

Adrien Estebeteguy – Alias « Adrien la main froide » – Alias « Le Basque »

Si de nombreux Bayonnais ont brillé par leurs faits d’armes, leur esprit d’entreprise ou leur inventivité, il en est un qui s’est fait connaître pour de toutes autres raisons…

Adrien Estebeteguy issu d’une vieille famille bayonnaise, était l’archétype du malfrat de haut vol en cette première moitié du 20ème siècle.

Adrien aux surnoms bien portés, en effet son patronyme pouvait difficilement lui épargner « Le Basque », tout comme « La Main froide » était particulièrement adapté à ses méthodes expéditives visant à décourager toute concurrence…

Adrien Estebeteguy – Alias « Adrien la main froide » – Alias « Le Basque »

Il faut bien dire que tel “Rocco”, Adrien et ses frères ont toujours très peu goûté le travail manuel, estimant sans doute à juste titre, que leurs talents méritaient des activités professionnelles bien plus rémunératrices.

Mais revenons à Adrien, il fut tour à tour truand, détenu, kidnappeur, puis collabo pour finir… victime !

Force est de constater qu’il aurait pu se vanter d’avoir rencontré dans sa vie deux (sinistres) célébrités, le premier « Henri Lafont » qui l’aura utilisé pour son entreprise criminelle, le second « Marcel Petiot » qui l’aura utilisé pour… alimenter sa chaudière !

Mais… qui était Lafont ?

C’est en 1940 qu’Henri Lafont collaborateur de haut vol, très apprécié par la Gestapo se rend à la prison de Fresnes pour y faire libérer 27 détenus qui constitueront son équipe, bien entendu “Adrien la Main froide” fait partie des “lauréats”.

C’est notamment à partir de ce noyau dur, que Lafont constituera la fameuse « Carlingue » de la rue Lauriston à Paris.

Henri Louis Chamberlin alias “Henri Lafont”

Cette organisation criminelle en relation directe avec la Gestapo avait pour « objet social » :

  • La gestion de bureau de rachat de devises, d’or, de meubles à des prix bradés pour le compte de la Wehrmacht.
  • Le pillage en règle des biens de Juifs qu’ils avaient identifiés, et qu’ils menaçaient de dénonciation (pour mieux les dénoncer ensuite).
  • Enlèvements en tous genres.
  • Tentatives d’infiltration des réseaux de résistants afin de communiquer le plus d’informations possibles à la Gestapo, qui en retour leur octroyait des pouvoirs au-delà de leurs attentes.

En synthèse : dépouiller le plus de gens possible !

Vous l’aurez compris, notre Adrien la main froide dont le cursus lui confère alors une expertise recherchée, excelle sur l’ensemble de ces « prestations ».

Un jour, sans doute soucieux du travail bien fait, il accompagne Lafont à  Bordeaux pour tenter de retrouver l’un des chefs de la résistance, le Belge Lambrecht recherché par l’Abwehr.

Après quelques nuits de beuveries dans les bars de la ville, un policier lui indique que Lambrecht est à Toulouse et lui donne son adresse.

Les deux compères se rendent alors à Toulouse où ils arrêtent Lambrecht, et le ramènent pieds et poings liés à Paris au siège de la Gestapo, dans le coffre de leur voiture.

Le résultat aboutit à l’arrestation d’un réseau de 600 personnes !

Encore un « fait d’armes » à porter notamment au crédit d’Adrien le Basque…

Et le Docteur Petiot dans tout ça ?

C’est alors que les choses commencent à mal tourner pour Adrien, qu’il va rencontrer un peu par hasard, la seconde célébrité de sa triste existence, j’ai nommé le Docteur Petiot.

Marcel André Henri Félix Petiot, dit le docteur Petiot

Adrien a en effet entendu dire qu’un médecin parisien disposait de contacts, pour évacuer discrètement ceux qui le souhaitaient vers l’Argentine.

Au vu du contexte, il s’empresse de rendre visite à ce dernier dans son hôtel particulier du 21 rue Le Sueur à Paris.

C’est comme convenu entre les deux hommes, qu’Adrien revint quelques jours plus tard chez Petiot avec une valise contenant devises, or, bijoux, faux papiers, bref le kit complet du truand en partance, censé lui permettre de s’installer confortablement outre Atlantique.

Les 72 valises retrouvées chez Marcel Petiot

Le piège se referme

Mais ce soir-là, la suite ne se déroule pas tout à fait comme il l’envisageait, le docteur Petiot sous prétexte de lui injecter un vaccin, lui injecte en réalité une dose mortelle de poison.

Il demande alors à Adrien de patienter dans une pièce triangulaire, insonorisée et sans fenêtre. L’un des murs est équipé d’un judas, permettant à Petiot de s’assurer que son « vaccin » a fait son effet, qu’il peut retirer le corps et surtout récupérer le contenu de la valise qui désormais lui appartient.

La « thérapie » du Docteur Petiot l’aura finalement enrichi des biens cumulés des 27 victimes qui ont toutes fini dans… sa chaudière !

Notre Adrien a donc bien profité de la chaleur, mais pas de celle du soleil Argentin !

Petiot pour sa part achèvera son voyage dans la cour de la prison de la Santé le 25 mai 1946 à 5h07, ou il est guillotiné.

À l’inverse de Landru qui était plutôt partisan de « La femme au foyer* », Petiot lui ne faisait pas de distinction, qu’ils soient hommes ou femmes tous finissaient dans sa chaudière.

*Pardon mais je n’ai pu m’en empêcher.

Quant à Henri Lafont, le 26 décembre 1944 au moment d’être fusillé au fort de Montrouge, il déclare à son avocate « Je ne regrette rien, Madame, quatre années au milieu des orchidées, des dahlias et des Bentley, ça se paie ! J’ai vécu dix fois plus vite, voilà tout. Dites à mon fils qu’il ne faut jamais fréquenter les caves. Qu’il soit un homme… comme son père ! »

Ainsi s’achève l’histoire de l’une des plus grandes figures du banditisme que Bayonne ait vu naître…

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager, c’est l’objectif des Bayonnades ! Je vous en remercie par avance.

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Histoire de 4 pêcheurs Bayonnais d’antan…

Nul n’est besoin d’habiter un port de pêche pour devenir pêcheur, c’est le genre de devise qu’auraient pu déclamer 4 Bayonnais véritables accros du bouchon et du moulinet.

Même s’il leur arrivait (rarement) de changer d’emplacement, chacun d’entre eux avait son lieu de prédilection, et tous voyaient d’un (très) mauvais œil l’arrivée de « touristes » canne à pêche en main…

Je précise tout de suite qu’étaient considérés comme touristes tout « concurrent » provenant d’un périmètre extérieur au carreau des Halles… et j’exagère à peine !

En la matière le plus virulent des quatre pouvait prendre jusqu’à 5 points de tension (à minima) rien qu’à la vue d’une canne autre que les siennes…

Milou

Toujours discret, cet homme assez grand et mince au dos légèrement vouté par une rude vie de labeur et le poids des années, aimait plutôt se rendre sur le pont Marengo à la marée montante.

Equipé de ses deux « lancers lourds » comme on les appelait alors, il avait pour habitude d’accrocher à ses hameçons des lanières de chipirons qu’il avait soigneusement découpées au préalable.

Gamin, je l’ai observé durant de longues années dans l’espoir de lui soutirer quelque astuce qui me permettrait d’attraper d’aussi gros poissons que lui.

Je sais que sa fille suit cette page, si elle a des anecdotes, je suis preneur…

Bijoutier de la rue Pannecau

A l’opposé de Milou, c’est-à-dire sur le pont Pannecau, le bijoutier de la rue du même nom, œuvrait de la même façon, même matériel, mêmes appâts, même objectif, même marée montante.

Ce qui me fait sourire c’est que Milou et le bijoutier (dont j’ai oublié le nom) ont péché durant des années sur « leurs » ponts respectifs, sans quasiment jamais se voir puisqu’ils suivaient tous les deux le sens du courant.

Quoi qu’il en soit, le résultat était probant puisque ses captures n’avaient rien à envier à celles des autres cadors de la place.

Luisito

Alors lui, je le considérais comme un phénomène, de petite taille, la peau tannée par le soleil et toujours vêtu de sa chemise multicolore à gros carreaux.

L’été vers 12h30, Luisito se postait toujours sur le quai devant les Halles, cet emplacement faisait partie intégrante de sa stratégie (payante).

En effet dans les anciennes halles les étals de poisson se trouvaient au 1er étage, les poissonniers avaient pour habitude avant de fermer, de jeter à la Nive les abats et autres déchets de poisson.

Il va sans dire que cette manne attirait tous les poissons dans un rayon de 30kms, bon d’accord un peu moins peut-être.

Et c’est là que notre Luisito entrait en scène, il utilisait une longue canne à bouchon. Pour l’avoir très souvent observé, je me souviens même que le dessus de son bouchon était rouge et blanc.

Il appâtait au thon…

Pour cela il suffisait d’acheter une tête (de thon) aux poissonniers qui la vendaient alors 1 Franc (Maison Peyroutet par exemple).

Là commençait le festival ! Des muges d’un, voire deux kg, bref les plus gros du secteur se ruaient sur son hameçon, d’un geste vif et précis il les accrochait, et en fonction de leur taille les remontait de suite ou patientait un peu pour les fatiguer.

Mais il arrivait que ce soit une louvine qui se fasse prendre, alors là, c’était un véritable festival, Luisito usait de toutes sa technique pour ne pas la perdre, pendant qu’un des « spectateurs » se saisissait d’un trapiaud pour l’aider à la capturer, ça c’était à marée haute, à l’inverse, c’est-à-dire à marée basse, il y avait toujours quelqu’un pour descendre dans les rochers via l’échelle qui se trouvait à l’angle du pont Pannecau, l’intéressé se donnant pour mission tant de prestige qu’à hautes responsabilités, d’aller récupérer dare-dare le précieux trophée.

Au plus fort de l’excitation, certains ont bien failli passer à l’eau.

D’autres ont « fait perdre » le poisson à Luisito, les représailles ont été immédiates…

Bref des moments épiques dignes de notre illustre Raphaël Dacharry (Alias Léon).

Francis

J’ai volontairement gardé le « meilleur » pour la fin, j’ai nommé Francis Saint Laurent.

Francis était un enfant du quartier, il avait racheté le bar à « Agna », et l’avait rebaptisé « Chez Francis » (aujourd’hui Le Machicoulis).

Très tôt le matin, Francis ouvrait son bar à la hâte, non pas pour être opérationnel rapidement, mais plutôt pour pouvoir mettre à l’eau ses deux lancers lourds juste devant l’établissement, dans l’espoir de capturer la louvine du siècle.

Il faut dire que tenir un bar pour un pêcheur de louvines, ça se tient !

Une fois pleinement opérationnel, c’est-à-dire les cannes à l’eau, Francis revenait derrière son comptoir, non sans jeter un œil régulier (env. toutes les 10 secondes) aux scions des deux perches qui trônaient devant son établissement.

Bien entendu cette double casquette (cafetier/pêcheur) avait tendance à impacter légèrement la rapidité du service, surtout… surtout lorsqu’il avait détecté une touche !

Toujours sur Francis…

Je me souviens avec amusement des véritables crises qu’il attrapait, et qui se traduisaient par d’énormes manifestations sonores, lorsque les guirlandes des fêtes étaient installées, cela mettait à bas son légendaire coup de poignet, lors de ses non moins légendaires lancers.

Je conclurais en précisant que Francis était vraiment un bon gars, que j’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec lui durant de nombreuses années.

Pour celles et ceux qui auraient reconnu l’un des protagonistes, je suis preneur de tout anecdote à transmettre.

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